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Les risques pour la population

 

martien

La radioactivité est un phénomène physique complexe, qui ne se voit pas, qui ne se sent pas, et qui, sauf cas gravissime, ne présente pas d'effets immédiats perceptibles.
Nous savons tous avec Hiroshima et Tchernobyl, que des catastrophes nucléaires ont des conséquences dramatiques pour le vivant en général et l'homme en particulier. Nous mesurons probablement mal l'ampleur de ces conséquences ; c'est loin, on en parle peu.

Mais il se pose un autre problème, tout aussi important et beaucoup plus fréquent :
les effets des faibles doses radioactives sur la santé.
Sous prétexte de radioactivité naturelle, celle ci serait sans danger pour l'homme à faible dose.
Tout d'abord, "naturel" n'a jamais signifié "inoffensif". Ensuite, il est admis aujourd'hui qu'il faut prendre des précautions face à la radioactivité naturelle.

Un exemple : le radon :
Le radon est un gaz naturellement radioactif qui émane des sols contenant des roches riches en uranium (en particulier les granites), pouvant s'accumuler dans les lieux mal aérés comme les habitations.
L'inhalation du radon et de ses descendants radioactifs provoque des lésions au niveau des cellules pulmonaires et serait la deuxième cause de mort par cancer du poumon, après le tabac. Il y aurait en France entre 3000 et 5000 victimes du radon par an.

La C.I.P.R. (Commission Internationale de Protection Radiologique) recommande un seuil d'intervention en ce qui concerne la concentration de radon dans l'air (entre 200 Bq/m3 et 600 Bq/m3).

Sous prétexte de bons et loyaux services rendus à la médecine, la radioactivité à faible dose serait sans danger pour l'homme.
Sans nullement remettre en cause les bienfaits du radiodiagnostic ou de la radiothérapie, il apparaît aujourd'hui qu'il faille prendre davantage de précautions face à la radiologie médicale.

Un exemple au Royaume Uni :
Une étude réalisée en 1992 conclut qu'un examen sur cinq était inutile. L'exposition inutile aux rayons X pourrait être responsable de 100 à 250 morts par cancer sur les 160000 enregistrés par an dans ce pays.

Compte tenu des risques, les autorités internationales de radioprotection ont édicté deux principes fondamentaux : la justification préalable de l'examen ou du traitement, et l'optimisation de la protection (sans compromettre, bien sûr, l'efficacité de l'examen ou du traitement).

Quels sont les dangers de la radioactivité pour l'homme ?

La radioactivité agit :
- Soit par irradiation externe : sans contact entre la substance radioactive et le sujet, le rayonnement va déposer l'énergie qu'il transporte dans les milieux qu'il traverse.
- Soit par contamination externe (quand les particules radioactives sont en contact avec la peau, les cheveux, les vêtements) ou interne (lorsque la source radioactive est inhalée ou ingérée).
Les effets des fortes doses sont connus : brûlures, nécroses, lésions vasculaires, cancers, pathologies liés à 'atteinte des défenses immunitaires, malformations génétiques, etc... Concernant les faibles doses, après tergiversation sur la détermination d'un seuil en dessous duquel la radioactivité serait jugée inoffensive, la C.I.P.R. a confirmé en 1990 qu'il n'existe pas de seuil. Donc toute augmentation de dose entraîne une augmentation d'effet.

Malheureusement, en France, il est difficile d'en savoir plus. Nous sommes dans une tradition du secret, voire du mensonge, sur tout ce qui touche au nucléaire, y compris la santé. Les incidents sont systématiquement minimisés. Les autorités françaises de radioprotection mettent des freins face aux recommandations des autorités internationales. Les registres des cancers manquent de durée, les études qui pointent des hypothèses défavorables sont déniées. Bref on veut sauvegarder à tout prix la technologie nucléaire.  Comme on l'a fait en son temps avec l'amiante. Mais au regard des difficultés et du coût du désamiantage aujourd'hui, qu'en sera t-il pour la décontamination le moment venu ?
Car les risques de contamination liés à l'enfouissement des déchets radioactifs ne peuvent être éludés. L'A.N.D.R.A. elle-même évoque la remontée en surface des radionucléides, le pari de l'enfouissement étant que le confinement géologique dure assez longtemps pour que les radionucléides ne soient plus dangereux pour l'homme lors de leur retour dans la biosphère.

Pari fou au regard de la durée de vie des radionucléides enfouis, auquel il faut ajouter les risques liés au transport et à la manipulation de ces déchets hautement radioactifs et à vie longue.

Pour en savoir plus :
- "La Posture d'Attila".

- Trait d'union de la C.R.I.I.R.A.D.

  • 471 avenue Victor Hugo - 26000 VALENCE - France.

- " Ce nucléaire qu'on nous cache " de Michèle RIVASI et Hélène CRIE aux éditions Albin Michel.

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