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Juillet 2002

Jean Luc BOUZON   
Conseiller Général de SAINT-DIZIER NORD-EST et de la HAUTE-MARNE
Vice-Président de l’Association des Eus Meusiens et Haut-marnais
 opposés à l’enfouissement des déchets nucléaires

35, rue de la Commune de Paris - 52100  – SAINT-DIZIER


                     Saint-Dizier, le 2 Juillet 2002



 Lettre Publique à Monsieur le Président
du Conseil Général de la HAUTE-MARNE



Monsieur Bruno SIDO
Président du Conseil Général
1, rue du Commandant Hugueny
52000 - CHAUMONT



     Monsieur le Président,



     
Au travers de ce courrier, je vous écris ce que j’ai sur le cœur. Je le fais, comme d’habitude, en toute franchise, avec mes mots. Quant l’inacceptable est atteint, le pire c’est de se taire. Ce n’est pas mon genre. Je suis respectueux de la fonction que vous occupez, mais j’assume ce que j’écris publiquement..  Tant pis si cela fait des vagues… ou plutôt tant mieux ! Le dossier de BURE méritait mieux que le mépris dont vous venez de faire preuve vis à vis des 180 élus meusiens et haut-marnais opposés à l’enfouissement des déchets nucléaires.

     

      Vous venez d’annoncer la tenue d’un colloque le Lundi 8 Juillet 2002 à CHAUMONT à propos  -  entre autres  -  du site de BURE, à la limite de la MEUSE et de la HAUTE-MARNE, pseudo laboratoire qui n’est en fait qu’un gigantesque labyrinthe de 500 mètres de profondeur sur 10 kilomètres de galeries, destiné à l’enfouissement des déchets nucléaires.  Si ce projet va au bout, notre département va devenir la poubelle nucléaire de l’Europe. Je vous rappelle la position de notre association : « Ni ici, ni ailleurs, mais autrement » !

      Depuis des années, nous demandons la tenue d’un débat public sur cette question de BURE. A plusieurs reprises, je vous l’ai demandé officiellement, au nom de notre association, au cours de réunions publiques de notre conseil général. Lors d’une récente session, vous avez dû finalement vous résoudre à accepter notre demande. Il est vrai que le mécontentement grandissant  de notre population vis à vis de BURE y est sans doute pour quelque chose, tout comme le combat que nous menons, avec d’autres associations et personnalités.


      Votre décision, prise sans nous avoir concerté, d’organiser un « colloque » est une parodie de débat et de démocratie. Cela ressemble plus à un « show médiatique » du Président du Conseil Général qu’à un vrai débat. Comme je vous l’ai dit lors de la séance publique de notre Conseil Général, le 21 Juin dernier, je vous confirme par écrit, en accord avec Jean Marc FLEURY président de notre association des Elus Meusiens et Haut-Marnais opposés à l’enfouissement des déchets nucléaires : nous ne cautionnerons pas cette parodie de « concertation » et nous ne participerons pas à votre colloque. Je vous en donne les raisons.

      1) Suite à un débat sur BURE au Conseil Général des 18 et 19 Octobre 2001, je vous ai à nouveau demandé la tenue d’un débat public, que vous avez accepté. Dans un courrier que je vous ai adressé le 20 Novembre dernier (dont le journal la HAUTE-MARNE s’était fait l’écho), je vous confirmais notre accord pour ce débat public.

      Dans ce courrier du 20 Novembre 2001, je vous indiquais que « dans le cadre d’un éventuel débat public, notre association demandait à être partie prenante de ce débat, dans des formes, lieux et dates, restant à déterminer. Nous proposions aussi que ce débat public soit animé par le journal de la HAUTE-MARNE ».

      Vous aviez accepté  publiquement notre demande de débat. Or, malgré plusieurs rappels de ma part, vous avez décidé, seul de la date du débat, transformé en « colloque ». Je vous écris sous le contrôle de votre Directeur de Cabinet Monsieur FROMETAUD. En Mai et Juin 2002, à 6 ou 7 reprises, je lui ai dit que la date de Juillet ne convenait pas. Je vous l’ai redit, devant témoins lors de la Commission Permanente du 14 Juin dernier. Je suis intervenu publiquement au Conseil Général du 21 Juin dernier pour préciser publiquement comment les choses se sont passées entre vous-même, votre directeur de cabinet et moi-même. J’ai même dit que si vous pensiez que j’étais un menteur, alors, je souhaitais que vous donniez la parole à Monsieur FROMENTAUD. Vous avez refusé….

      Par téléphone, je le répète, à 6 ou 7 reprises, j’ai aussi dit et redit à Monsieur FROMENTAUD que nous souhaitions aussi pouvoir choisir nos propres invités. Or, vous mettez tout le monde, tel le prince, devant le fait accompli. Vous avez choisi seul de  changer le débat public en « colloque ».Vous avez choisi seul la date. Vous avez choisi seul l’animatrice. Vous avez choisi seul la liste des 11 personnalités invitées ! Notre association a été écartée volontairement par vous –même. Curieuse conception qui est la vôtre du débat pluraliste sur cette question de BURE. Faut-il donc que vous ayiez peur de nos arguments pour transformer un débat public en une mascarade de concertation, en un show médiatique du Président du Conseil Général.

      2) La seconde raison de notre absence à votre « colloque » tient précisément au choix de la date et de l’heure. Vous avez seul décidé que ce serait le 8 Juillet 2002 à partir de 14 heures. Je vous ai toujours dit, ainsi qu’à votre Directeur de Cabinet, que cette date ne convenait pas. Nous souhaitions un débat public, c’est à dire à une heure où le public  puisse réellement y participer. Ce ne sera pas le cas. D’ailleurs je me demande si cela n’est pas volontaire de votre part,. On ne sait jamais « dès fois que des gens viennent vous poser des questions gênantes et ne viennent  ternir votre « show ».

      Le comble est atteint quant au choix de la date. Le Lundi 8 Juillet, c’est tout simplement le jour du départ de la marche des opposants à BURE depuis SOULAINES ! Ne venez pas me dire que vous même et votre directeur de cabinet n’étiez pas au courant. Je vous l’ai dit , à tous les deux, à plusieurs reprises y compris publiquement. Votre choix confirme donc bien votre volonté de mettre à l’écart les opposants à BURE… Toutes celles et ceux qui osent vous tenir tête  -  ainsi qu’à l’ANDRA  - doivent être « muselés, baillonnés ». Silence dans les rangs !

      Ne comptez pas sur nous. Il en faut plus que cela pour nous faire taire, Monsieur le Président.  Vous n’en sortirez pas grandi. Nous étions en en droit d’attendre un peu plus de correction et de respect de votre part vis à vis de notre association.  Le mépris que vous témoignez à notre égard ne nous fera pourtant pas faiblir dans notre action pour empêcher cette « folie humaine » qu’est l’enfouissement des déchets nucléaires.  Et nous continuons de demander la tenue, le moment venu, d’un Référendum Populaire d’Initiative Départementale en MEUSE et HAUTE-MARNE sur la question de BURE. Cela aussi, vous fait peur. Mais nous sommes du genre tenace. Nous irons jusqu’au bout de notre combat.  La MEUSE et la HAUTE-MARNE sont nos terres de vie. Dans quel état allez-vous laisser nos deux départements à nos futures générations ? Vous allez leur  donner en héritage une poubelle nucléaire !

      Nous ne vous laisserons pas faire. Nous vous réaffirmons notre ferme volonté de nous opposer à votre terrible décision et à celle de la majorité de votre conseil général.  Même si nous ne participons pas à votre « show colloque SIDO » , nous vous disons : «  à bientôt Monsieur le Président ».


      Monsieur le Président,


      Vous n’avez pas beaucoup de respect pour les petits élus que nous sommes, ces petits élus de base qui osent se rebeller face à l’inacceptable. Mais, j’ai du respect pour la fonction que vous occupez. Alors, respectueuses et déterminées salutations, Monsieur. le Président. Vous n’en avez pas fini avec nous….

Jean Luc BOUZON




 

Pour vous « rafraichir la mémoire », je vous adresse un double du courrier
 que je vous avais adressé le 20 Novembre 2001


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