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Historique

Sous l'impulsion du Général de Gaulle dans la fin des années 1950 s'est développée l'industrie nucléaire en France et ce pour deux raisons principales :
- assise d'un pouvoir militaire français en se dotant de l'arme nucléaire (filière militaire).
- assise d'un pouvoir énergétique français (filière civile productrice d'électricité).
La liaison étroite entre ses deux filières (mêmes sites d'accueil des installations productrices, mêmes chercheurs travaillant sur différents projets) a entraîné la mise sous secret (militaire, scientifique, d'état) de cette industrie. Jusqu'à ce jour la filière civile n'a pu par ce fait se débarrasser de cette suspicion qui entoure les choses secrètes.

Après le choc pétrolier de 1971, la France choisit la politique énergétique du tout nucléaire. A l'heure actuelle, la France est le pays le plus nucléarisé au monde (plus de 75 % de son énergie électrique provient du nucléaire). Cette industrie a généré jusqu'à présent un volume important de déchets de par son activité. Ce à quoi viennent maintenant s'ajouter les déchets dus au démantèlement des centrales nucléaires.

Les responsables du nucléaire ont maintenant un problème à résoudre : que faire d'un volume de plus en plus important de déchets dont l'activité et la durée de vie sont telles qu'ils resteront dangereux pendant des milliers d'années ?
L'ANDRA (l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) choisit l'option de l'enfouissement (nous sommes en 1982).
Suite à un inventaire des régions jugées favorables sur le plan géologique, une carte a été établie en 1983. En 1987, le Gouvernement révèle le nom des quatre départements : l'Ain, l'Aisne, le Maine et Loire et les Deux-Sèvres. L'ANDRA commence aussitôt les forages.
Mais c'était sans compter sur la mobilisation des populations : manifestations violentes avec des blessés. Les pouvoirs publics prennent conscience du problème, comprenant qu'ils ont fait une erreur en laissant ce dossier dans les mains de spécialistes qui ne l'ont traité que sur le plan technique. Le 9 février 1990, le Premier Ministre Michel ROCARD décide un moratoire d'une année. Les autorités tirent les leçons de l'opposition des populations et choisissent de faire porter leurs efforts sur la communication : une loi est votée le -1O décembre 1991 (loi Bataille). On ne parle plus d'enfouissement et les élus sont invités à faire acte de candidature pour un "laboratoire de recherche". On versera 60 millions de francs pendant dix ans. Le laboratoire souterrain n'est pas un laboratoire de recherches classique.
Il s'agit d'un laboratoire géologique, destiné à qualifier un site, donc à vérifier la capacité des couches géologiques- à accueillir ultérieurement un stockage.
En surface, il couvrirait de 0 à 50 hectares, les installations souterraines peuvent être évaluées pour le site de Bure à un bloc d'argile de 2 km x 2 km sur 100 mètres de hauteur.

En décembre 1991, quatre départements sont retenus : le Gard, la Vienne, la Haute-Marne et la Meuse. Aucun de ces départements ne correspond aux sites précédemment retenus La sélection est basée sur des critères politiques, économiques, et d'acceptation des populations avant d'être scientifiques.


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