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A propos de l'ANDRA

Les pouvoirs publics, comme la plupart des élus locaux, n'ont pas pour habitude de mettre en doute les qualités de rigueur, de sérieux, de transparence et d'honnêteté de l'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs).

Or, sans chercher à jeter l'opprobre sur un organisme qui ne fait qu'exécuter avec zèle la tâche que lui a confiée notre représentation politique, il semble, à la lumière de notre expérience de terrain, que la gestion exercée par cette agence ne soit pas toujours aussi parfaite qu'on veut bien nous l'affirmer et que ses agissements ne soient pas toujours aussi transparents et empreints de la droiture requise pour lever le discrédit qui pèse sur la filière nucléaire.

Communication et concertation selon l'ANDRA

Il faut savoir que l'on a donné à l'ANDRA un statut d'Etablissement Public Industriel et Commercial qui lui permet de développer une sorte de logique corruptrice en s'appuyant sur les analyses contenues dans le rapport de Mrs GUILLAUME, PELLAT et ROUVILLARD (Rapport sur le bilan et les perspectives du secteur nucléaire civil en France, Mai 1989).
Extraits: " Il apparaît de plus en plus que la contrainte principale dans ce domaine est la capacité de la population locale à accepter le principe du site de stockage, beaucoup plus que les avantages techniques relatifs des différents types de sous-sols (granit, schiste, sel, argile). Dans ces conditions, il semble indispensable que le choix du site soit fait rapidement par les pouvoirs publics pour éviter toute cristallisation de l'opinion publique sur des projets dont trois sur quatre seront en tout état de cause abandonnés. Pour ce choix, le souci d'éviter un phénomène de rejet relayé au niveau national, (...) doit être un critère majeur. "

Forte de ces recommandations, l'ANDRA a aujourd'hui recours à un lourd attirail pour enjôler la population: luxueuses expositions fixes ou itinérantes, gestion d'une " maison du patrimoine ", invitation des écoliers et de leurs professeurs à venir visiter le chantier de forage, conférences sur la géologie dans les écoles, jeux-concours où les enfants peuvent gagner des voyages à la Villette, distribution de centaines de sacs contenant livres, B.D., pin's, cassettes et disquettes informatiques, voyages organisés pour les élus et proposés à certains personnalités de l'Education Nationale.
Devant tant de largesses indécentes, les associations de parents d'élèves protestent et l'ANDRA recevra un vigoureux rappel à l'ordre des autorités académiques.
La prospection de l'ANDRA s'avère donc au moins aussi commerciale que géologique.
Depuis 1994, 20 millions de francs ont été versés dans chaque département concerné, soit 80 millions de francs (aux communes, aux associations et aux particuliers), sans qu'aucun texte officiel n'autorise l'ANDRA à le faire. Le moindre projet de développement local est financé par l'ANDRA. Comment dans ces conditions les petites communes aux budgets étriqués peuvent-elles résister au chant de ces sirènes?
Plus grave encore: au sein de la communauté de communes des Pays de la Saulx et du Perthois (Meuse), les villages qui souhaitent réhabiliter des logements ont le choix entre les subsides de l'ANDRA ou rien du tout (accord entre Préfet, Conseil Général et ANDRA).
En Haute-Marne, la commune de Cirfontaines -en Ornois s'est vu offrir directement un chèque par l'ANDRA pour qu'elle accepte le seul forage haut-marnais, ainsi qu'un autre chèque à la fin des travaux. Révélée, cette affaire entraîna la démission du directeur-adjoint de l'ANDRA à cette époque.
Les subventions sont accordées à l'aveugle et sans compter. Des entreprises mettent la clé sous la porte ou licencient après les avoir touchées.Une entreprise de la Vienne a même touché une subvention de 250 000 F alors qu'elle était en dépôt de bilan.
Un ensemble immobilier acheté par le SIVU des Pays de la Saulx (Meuse) avec le concours d'une subvention de 1 million de francs de l'ANDRA est en cours de revente à hauteur de.... 800 000 F!
Dans le Gard, les membres de l'Instance locale d'Information ne parviennent pas à obtenir le détail exact des sommes versées.
Dans la Vienne, des équipes de football, de cyclisme, une école de jeunes pompiers, des représentations théâtrales, sont sponsorisées par l'ANDRA.


En outre, les journaux de propagande de l'ANDRA sont diffusés massivement dans toutes les boîtes aux lettres et les colonnes de la presse locale sont constamment investies par une large publicité, alors que les opposants ne disposent d'aucun moyen pour populariser leur contre information.

Enfin, aucun débat public contradictoire n'a jamais été accepté par l'ANDRA. Lors de l'enquête publique, nous avons eu droit à une séance de questions-réponses totalement improductive et stérile.

Rajoutons à cela des pratiques douteuses, mais non prouvables (coups de fils anonymes, menaces diverses, vigiles musclés pour garder les panneaux de l'ANDRA, etc...)
Bref, une ambiance détestable et conforme, hélas, à ce qui s'est toujours fait en matière de nucléaire.

Ces remarques sont bien sûr valables pour les trois sites prospectés par l'ANDRA.

Le sérieux de la gestion scientifique de l'ANDRA?

Pour le site de l'Est, un rapport de 3 géologues indépendants montre que l'ANDRA a minimisé les risques, allant jusqu'à faire disparaître, sur ses croquis, des failles géologiquement reconnues et répertoriées. Ce rapport n'a jamais été contesté sur le fond par l'ANDRA, qui s'est contentée de mettre en doute la qualité de ses auteurs. Auteurs qui prétendent que les travaux préliminaires menés par l'ANDRA sont bien insuffisants pour envisager l'implantation d'un laboratoire à cet endroit.

Pour le Gard, de nombreux géologues ont également exprimé de sérieux doutes sur les conclusions de l'ANDRA à cause des problèmes de sismicité. (Claude ALLEGRE était dailleurs contre le choix de ce site)

En ce qui concerne la Vienne, c'est la CNE elle-même qui a émis de sérieuses réserves relativement au " meilleur granit " vanté par l'ANDRA. Depuis l'ANDRA passe son temps à essayer de jeter le discrédit sur le travail de la CNE, faisant courir des bruits au sein de la population et allant jusqu'à dénoncer dans la presse locale: " une prudence excessive et non fondée qui restreint à priori la dimension de la recherche. " Monsieur TISSOT a sans doute apprécié.

Que dire de la gestion de l'ANDRA pour ses installations existantes?

La Hague était présentée comme une référence mondiale jusqu'à ce que la Commission Turpin y découvre une désinformation flagrante et des dysfonctionnements très graves (reconnus en partie aujourd'hui par l'ANDRA).
Quant à Soulaines (stockage en surface des déchets A), il a fallu saisir la CADA pour obtenir en mars 1998, des bribes d'information selon lesquelles un cocktail de gaz radioactifs (bien sûr sans danger pour l'environnement) est rejeté dans l'atmosphère depuis 1992 et en toute illégalité puisque le décret de création de 1986 exigeait qu'il n'y ait jamais aucune émission " d'effluents radioactifs gazeux "

La conclusion à apporter aux développements ci-dessus est claire: sans tout contester en bloc, ce qui serait malhonnête, il convient de relativiser le caractère sérieux du travail réalisé par l'ANDRA, et de demander des expertises indépendantes et contradictoires avant de prendre toute décision d'implantation du ou des laboratoires.


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