BURE est un village de quelques dizaines d'âmes situé à la limite de deux départements : la Meuse et la Haute-Marne ; mais aussi de deux régions : la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Ce site a été choisi par le gouvernement et les pouvoirs publics comme lieu "expérimental" pour l'implantation d'un "laboratoire de recherche" sur l'enfouissement des déchets nucléaires en couche géologique profonde.

 

 

Pour les autorités, il s'agit d'un site de recherche pour vérifier les capacités de l'argile à confiner les déchets nucléaires pendant plusieurs milliers d'années. Pour nous, la seule expérimentation qui est faite à BURE est de savoir si une population et ses élus peuvent accepter une décharge nucléaire sur leur sol. Plus que la nature du sous-sol meusien c'est la capacité de résistance des populations locales qui est mesurée à BURE. Le choix du lieu par les pouvoirs publics a été essentiel. BURE, on ne sait pas si c'est la Meuse ou la Haute-Marne, la Lorraine ou la Champagne-Ardenne. Ce dont on est sur c'est qu'il s'agit d'un désert rural, habité par une population vieillissante et peu ou pas du tout habituée à la lutte sociale. Ce qui se joue à BURE c'est la capacité pour les pouvoirs publics à faire accepter localement à une population que son territoire devienne une solution a un problème national voire européen.

Pour arriver à leurs fins, les pouvoirs publics ont occulté volontairement les citoyens pour s'adresser à   leurs élus, en l'occurrence les conseillers généraux. Il faut rappeler que ce sont les conseils généraux de Meuse et de Haute-Marne qui ont porté la candidature de nos départements pour ce projet. Il faut dire que l'état leur a promis de l'argent et de la recherche uniquement. On leur a proposé une solution à court terme pour aider au développement de nos départements en prenant bien soin de leur mentir. Quid de la problématique de la gestion des déchets nucléaires, de l'impact économique et de l'image de nos départements ?

Suffira t-il que l'on mente aux Meusiens et aux Haut Marnais, que l'on achète le silence de leurs élus et qu'on leur promette de la recherche pour leur faire accepter l'inacceptable ? Combien de temps les populations de nos départements resteront-elles spectatrices au lieu d'être actrices des choix faits pour leur avenir ?

Voilà en vérité ce qui est étudié à BURE, c'est la capacité d'une population et de ses élus à participer ou pas au choix de son avenir.